(ou Little Albert) est l'une des études les plus célèbres (et controversées) de la psychologie du XXe siècle. Elle a été réalisée en 1920 par John B. Watson (fondateur du behaviorisme) et sa collaboratrice Rosalie Rayner à l'université Johns Hopkins aux États-Unis.
Watson voulait démontrer que les émotions (comme la peur) peuvent être acquises par conditionnement classique, comme Ivan Pavlov l'avait montré avec les chiens (salivation). Il cherchait à prouver que les phobies et les réactions émotionnelles ne sont pas innées, mais apprises.
La peur ne s'est pas limitée au rat. Albert a développé une peur généralisée à :
C'était une démonstration de généralisation du stimulus.
L'expérience a duré environ 2 mois. Watson et Rayner n'ont pas procédé à la désensibilisation (déconditionnement) pour supprimer la peur d'Albert. Ils ont quitté l'université peu après (à cause d'un scandale personnel : Watson a eu une liaison avec Rayner). On ne sait pas ce qu'est devenu Albert à long terme.
En 2010, des recherches ont identifié le Petit Albert comme Douglas Merritte, qui est mort jeune (à 6 ans) de complications liées à une hydrocéphalie. Cela soulève des questions sur son état de santé pendant l'expérience.
Aujourd'hui, cette expérience serait impossible et jugée totalement contraire à l'éthique :
C'est souvent cité comme un exemple classique des dérives possibles de la recherche psychologique avant les réglementations modernes (comme le code de Nuremberg ou les comités d'éthique).
En résumé, c'est une expérience fondatrice mais choquante, qui montre à quel point on peut conditionner la peur, tout en illustrant les limites éthiques de la science.