L’Expérience du Bon Samaritain (1973) est une étude classique en psychologie sociale menée par John M. Darley et C. Daniel Batson à l’Université de Princeton (séminaire théologique). Elle est souvent citée comme l’une des meilleures démonstrations de l’influence des facteurs situationnels sur le comportement d’aide.
Les chercheurs s’inspirent directement de la parabole du Bon Samaritain (Luc 10:25-37) : un homme est agressé et laissé sur le bord de la route ; un prêtre et un lévite passent sans s’arrêter, tandis qu’un Samaritain (considéré comme un ennemi) s’arrête pour l’aider.
Question principale : Est-ce que les personnes religieuses (ici des étudiants en théologie) aident davantage quand elles pensent à ce thème moral ? Ou est-ce que la situation (surtout le temps dont on dispose) prime sur les dispositions personnelles ?
Le contenu du discours (Bon Samaritain ou non) n’a presque aucun effet significatif. Ce qui comptait vraiment, c’était le temps dont ils pensaient disposer.
| Condition de hâte | % qui ont aidé | Observation |
|---|---|---|
| Faible hâte | 63 % | La plupart s’arrêtent |
| Hâte moyenne | 45 % | Environ la moitié |
| Forte hâte | 10 % | Presque personne |
Même des étudiants très religieux, en train de penser ou de parler du Bon Samaritain, ignoraient souvent la victime quand ils étaient pressés.
Cette étude reste très enseignée en psychologie sociale, en éthique et en formation au leadership. Elle est souvent utilisée pour expliquer pourquoi, dans la vie quotidienne, on ne s’arrête pas toujours pour aider (métro bondé, retard au travail, etc.).